En pleine dépression, les nerfs à fleur de peau et contrarié conement par Mme Cestac, voici la lettre que je lui aie écrite :
C’est dans la peine, la déception mais également la colère que je vous écris aujourd’hui. J’ai eu le regret, ces derniers temps et à plusieurs occurrences d’avoir été victime d’évènements que j’ai pu ressentir comme injustes ou même irrespectueux de votre part. Ma peine réside, à cette heure, dans la simple déception d’avoir le sentiment de ne pas être plus considéré qu’un mouton dans un troupeau.
Vous savez comme moi que vous occupez une place importante dans un lycée que l’on sait être réputé pur ses options artistiques et littéraires et qu’en cela, il se distingue de beaucoup d’autres grâce aux nombreuses personnalités qui y sont regroupées. Il me semble que loin d’être dans l’intention de les réprimer, vous considérez plutôt que votre métier consiste à les inciter à s’épanouir.
J’ai été cependant étonné de voir, lorsque j’ai perdu ma récréation dans un état de stress en faisant des allers et retours dans l’obligation de vous présenter ma carte de lycéen justifiant le fait que je ne suis pas en seconde (après trois ans d’internat ?), de voir donc un sourire témoin d’une certaine satisfaction, alors que j’étais pour ainsi dire dans une crise de larmes les minutes suivantes.
Je voudrais vous parler d’individus, d’êtres doués de personnalités qui sont en plein éveil face au monde qu’ils découvrent. Je veux au contraire dénoncer l’idée qui se fait de plus en plus de considérer les élèves comme un vulgaire troupeau de mouton duquel on va supprimer les brebis galleuses parce qu’elles dérangent. Je veux aussi parler d’êtres qui ont des sentiments.
Lorsqu’on oblige deux personnes qui ont visiblement des sentiments l’un pour l’autre -mais qui toutefois ont une activité tout à fait anodine-, à se séparer sans les laisser se dire un seul mot pour un motif qui ne m’a vraiment pas paru valable, on fait bien preuve de l’estime que l’on a pour des personnalités sur qui on a du pouvoir.
Si je vous écris dans ce désarroi et touché par ces récents évènements, c’est sans doutes parce que c’est maintenant la troisième année que je suis interne et récemment délégué, que vous me connaissez assez pour m’appeler par mon prénom, que je ne suis pas générateur de quelque problème que ce soit, et que cela fait trois ans que je respecte au plus haut point et avec égalité absolument toutes les personnes de cet établissement. A ce titre, j’aurai espéré pouvoir prétendre à ce respect, cette estime, cette considération de votre part qui feraient que je ne me sente point trahi par les bons principes que l’on m’a inculqués et que vous tâchez de maintenir.
Le casier des TL6 est à disposition s’il vous paraît utile d’apporter une réponse ou des objections à cette présente.
Très respectueusement,
Cédric CAPDEVIELLE









